Excision dans nos sociétés

Publié le par AMSOPT

SIX VILLAGES  ONT DEJA SIGNE L ABANDON À SANANKOROBA

 

 

L’excision est l’ablation du clitoris et parfois des petites lèvres de l’appareil génital féminin.

 

Elle est pratiquée dans toutes les régions du Mali, puisque plus de  91% de la gent féminine, âgée de 15 à 49 ans l’ont subie. Si la religion ne semble pas jouer un rôle important dans la pratique, l’appartenance ethnique par contre semble déterminante. En effet, il existe des ethnies au Mali qui pratiquent peu ou pas l’excision. Ce sont les arabes, les sonrhaï, les touaregs etc.

 

Les usages et coutumes sont les principales explications avancées pour justifier cette pratique.

 

Si l’excision entre traditionnellement dans le cadre de la socialisation de l’enfant et était considérée comme un rite de passage de la fille dans le monde des femmes, aujourd’hui elle ne joue plus ce rôle. Elle est dans la plus part des cas pratiquée sur des fillettes de moins d’un an. Les conséquences médicales de cette pratique sont nombreuses et graves. Les principales sont l’hémorragie, les infections aigues et chroniques y compris le VIH SIDA, les difficultés d’accouchement, les douleurs des règles, l’accumulation du sang menstruel dans le vagin,la lésion des organes de voisinage tel que la vessie, le traumatisme du clitoris,  la stérilité entre autres.

 

A force de sensibilisation et d’implication des organisations de la société civile, notre pays pourrait réduire sensiblement la pratique  de l’excision, principalement dans les régions du centre et du sud.

 

C’est le constat qui peut être dégagé du bilan à mi-parcours des activités menées par l’Association Malienne pour le Suivi et l’Orientation des Pratiques Traditionnelles (AMSOPT)  dans la commune  rurale de Sanankoroba, région de Koulikoro, au sud de Bamako. En effet, les animateurs de l’ AMSOPT ont privilégié dans cette zone l’approche communication pour le changement de comportement (CCC) par le truchement des causeries éducatives, les visites à domicile, le counseling, les projections d’images vidéo, le théâtre et la formation des relais communautaires.

 

L’approche a également intégré la prise en charge des femmes et des filles victimes des conséquences de l’excision, l’appui aux groupements féminins en matière d’activités génératrices de revenus qui a concerné 15 associations.

 

La stratégie communication pour le changement de comportement appliquée dans la contrée de Sanankoroba , à travers une douzaine de villages pratiquants, à intégré des dons de médicaments aux centres de santé et aux dispensaires locaux. Au finish, 149 femmes et filles ont été traitées des sequelles de l’excision, six villages (Makono, Solon Sanankoroba, Baala, Sikoro , Satinebougou et Falanikoungo) ont abandonné la pratique de l’excision. Pour matérialiser le rejet de la pratique ancestrale néfaste, les chefferies des six villages ont envoyé des correspondances intitulées «  LETTRE D ABANDON DE L EXCISION » à la coordination de l’ ONG AMSOPT. Ils ont également élaboré des Lois communautaires pour renforcer leur décision.

 

Dans la meme localité, quatre villages sont  sur le point d’abandon de la pratique. Il s’agit de Kandian, Kabé, Tadiana et Nianfala.

 

Cependant, il faut reconnaître que la lutte contre la pratique de l’excision est un combat de longue haleine. Les résultats encourageant auxquels l’AMSOPT est parvenu sont le couronnement d’intenses efforts des équipes de terrain, des relais communautaires, des superviseurs et de la coordination de l’organisation non gouvernementale. Toutefois, il faut souligner que les acquis ne sont pas une fin en soi. Il faut œuvrer auprès des autres villages afin d amener tous les Maliens dans la même dynamique de l’abandon.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Publié dans PROJETS REALISES

Commenter cet article