sensibilisation sur les MGF à Dioila

Publié le par AMSOPT

Lutte contre l'excision à Dioïla

 

Les autorités appuient la société civile

 

Les autorités locales et les élus du cercle de Dioïla sont engagés aux côtés de la société civile pour luter contre les mutilations féminines. Elles viennent de confirmer cet engagement en accueillant un atelier de formation des relais communautaires chargés d’informer et de sensibiliser sur cette question toujours sensible. 

 

 

 

La salle de conférence du Conseil de cercle de Diola a abrité mercredi et jeudi dernier  un atelier de formation des relais communautaires de l'ONG AMSOPT sur les pratiques néfastes dont le très controversé sujet des mutilations génitales féminines.

 

Cet atelier organisé par l'Association Malienne pour le Suivi et l'Orientation des Pratiques Traditionnelles en partenariat avec l’Ong allemande LAG-Mali visait à amener  les participants à davantage de prise de conscience sur les méfaits de la pratique afin de promouvoir une dynamique d'abandon définitif à l'instar de nombreux villages de la localité de Sanankoroba. Selon M. Ibrahim BALLO, chef de programme à l’organisation, il s’agissait de renforcer les compétences des relais communautaires afin d’améliorer la qualité de leurs prestations en matière d’IEC (information, éducation et communication).  Il s’agissait également de sensibiliser les leaders des groupements de femmes sur les méfaits liés à la pratique de l’excision afin qu’elles puissent véhiculer l’information auprès des autres femmes. A l’issu de tels ateliers, on peut également espérer que les participants parviennent à élaborer des indicateurs de suivi par rapport à l’information sur les mutilations génitales féminines.   

 

Au cours de la formation dirigée par l’équipe de coordination de l’Association Malienne pour le Suivi et l'Orientation des Pratiques, plusieurs thèmes ont été abordés avec les relais villageois. Il s’agit entre autre des rôles et fonctions des organes de reproduction, la santé de la reproduction, l’excision dans sa typologies, ses raisons, les conséquences de l’excision en rapport avec la santé de la reproduction et le rôle du relais communautaire. 

Au terme de l’atelier, l’évaluation faite donne les leçons suivantes : bonne compréhension du rôle du relais dans le développement socio-économique de son village, compréhension des rôles et fonctions des organes de reproduction concernés par les mutilations génitales, compréhension des différents types d’excision qui sont pratiqués au Mali et leurs raisons et motivations.  Les participants ont également compris les nombreuses conséquences qu’engendrent l’excision sur la santé de la mère et de l’enfant.

Des indicateurs de suivi permettront de mesurer le degré d’information ont été élaborés par les participants. Il faut ajouter que la méthodologie utilisé a concerné les moins de l’exposé, de l’exercice individuel et en groupe, de la manipulation de la boite à images, du brainstorming et de l’usage du mannequin. 

Les mutilations génitales féminines recouvrent des pratiques consistant à ôter, par des moyens chirurgicaux souvent rudimentaires, tout ou partie des organes génitaux féminins les plus sensibles. Il s'agit d'une pratique ancestrale qui est mise en œuvre dans de nombreux pays comme le Mali, essentiellement pour des raisons d'ordre coutumier. Dans ce pays 91 femmes sur 100 sont excisées. Plusieurs organisations œuvrant en faveur des droits de l'homme dans les pays occidentaux, en Afrique et en Asie, ainsi que l’Oms considèrent les MGF comme une violation des droits de l'homme.

Ces pratiques sont considérées comme des formes inacceptables de modification de l'intégrité physique de la personne et sont considérées comme illégales dans de nombreux pays comme le Burkina Faso, la Côte d'Ivoire,  Djibouti, l’Egypte,  le Ghana, la Guinée , l’Indonésie, la Rca , le Sénégal, le Togo, etc.  D’autant que ces mutilations corporelles sont effectuées sur des personnes trop jeunes ou trop vulnérables pour y accorder leur consentement éclairé. Les trois grandes racines invoquées par les communautés pratiquantes qui suivent les traditions de mutilations génitales féminines sont d'ordres coutumiers, religieux et sociologiques. Dans les sociétés rurales à faible niveau d'instruction scolaire la coutume de mère à fille est le plus couramment invoquée.

Selon l’OMS, la mutilation génitale féminine la plus fréquente est l'excision du clitoris et des petites lèvres, qui représente à elle seule près de 80 % des cas. A l'échelle mondiale, 100 à 132 millions de filles et de femmes ont subi des Mgf dont 120 millions pour le seul continent africain.  Chaque année, 2 millions de filles supplémentaires sont susceptibles de connaître le même sort.

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