Abandon collectif de 10
villages :
Les efforts conjugués des différentes activités ont abouti à l’abandon de
l’excision par 10 villages influencés par les 10 anciens villages qui demeurent des villages d’abandon. Le projet a renforcé les activités de communication interpersonnelle, de prise en charge
des victimes dans ces villages. Le changement de comportement a commencé à s’installer dès lors où les femmes et les leaders communautaires qui ont reçu les informations sur les MGF lors des
sessions de formation, ont commencé à discuter de la question au sein de leur communauté ; à cela se sont greffés les actions de sensibilisation des relais communautaires et des agents de
terrain de AMSOPT et la prise en charge des complications liées aux MGF ; cette dernière a amener les communautés exciseuses à comprendre la question de l’excision comme un problème de
santé. Ainsi de plus en plus davantage de voix s’élevaient dans les villages pour dire non à l’excision. La mission de supervision de la directrice de AMSOPT dans les villages réticents qui ont
fini par suite à accepter l’abandon de l’excision, a aussi accéléré le processus et a motivé quelques hésitants.
D’autre part, indépendamment de ce projet, le chargé de projet de AMSOPT a
réalisé une enquête CAP ( Comportement Attitude Pratique) dans la région de Kayes et dont 04 villages de ce projet par d’autres étaient concernés.
A l’analyse global des résultats encore provisoire concernant les villages
couverts par AMSOPT :
-100% des gens interviewés pensent que l’excision n’est plus pratiqués
comme au par avant dans leur village,
-90% des hommes sont d’avis pour marier une femme non exciser ;
car selon eux les voisins du Sénégal qui pratiquent peu l’excision entretien des relations de mariage avec la communauté de la région de Kayes et cela se passe sans difficultés.
- 70 % des interviewés regrettent d’avoir excisé leurs enfants, contre
96,4% des femmes.
- 89,2 % des interviewés
pensent que les raisons évoquées pour pratiquer l’excision ne sont plus valables.
Au regard de ces constats, le
chargé de projet de AMSOPT a effectué seul une mission dans ces villages à l’insu des agents de terrain pour vérifier à nouveau la crédibilité de ces informations recueillies ; pour s’y
prendre, il a réalisé y a un mini sondage d’opinion ; le résultat a été le même que celui affirmé pendant l’enquête CAP.
A l’issu d’une rencontre de concertation dans les villages, les leaders
communautaires et les femmes se sont décidés à écrire des lettres officielles d’abandon de l’excision. Au départ AMSOPT s’est refusé à rédiger quoi que ce soit au nom des communautés pour que ce
la ne se prête pas à autres interprétations ; invoquant leur incapacité à rédiger un tel document (la plus part des gens du villages ne sont pas alphabétisés), le chargé de projet s’est
résolu à écrire une lettre standard, dont le contenu leur a été clairement expliqué ; ainsi les chefs de village, la présidente du groupement de femmes de chaque village, ont signé sans
aucune contrainte et en toute liberté de conscience les lettres d’abandon ( voir annexe) qui ont été transmis à Bamako par le soin des agents de terrain.
A l’issu de ces signatures, le village de Darsalam Macina proposé une
cérémonie d’abandon collectif de l’excision et s’est proposé d’abriter l’évènement.
AMSOPT a informé Equilibres & Populations de cette décision des villages à
renoncer la pratique de l’excision.
Avant le jour de la cérémonie, le chef de village de Darsalam a convoqué tous
les leaders des villages concernés pour qu’il réitèrent leur engagement à abandonner cette pratique ; car la déclaration qui sera dite pendant la cérémonie va engager l’ensemble des villages
et non la seule entité de Darsalam Macina ; à l’unanimité tous les 10 villages
représentés ont dit non à l’excision.
Ainsi le 08 Décembre 2007 la cérémonie
d’abandon de l’excision fut organisée à Darsalam Macina.
Elle a réuni les 10 villages, les représentants des 10 anciens villages et d’autres villages voisins non couverts par le
projet.
En terme de mobilisation et de plaidoyer, les autorités régionales, locales, municipales, la presse, l’équipe de AMSOPT, Equilibres et Populations, GAMS étaient présentes.
Pendant la cérémonie, les discours des personnalités ci-dessous ont été
prononcés :
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Le présentant des 10 chefs de village
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La directrice de AMSOPT
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Le maire de Médine
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Le maire de la commune de Ségala
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Le directeur de Equilibres & Populations
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La présidente de GAMS / France
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Le sous- préfet de Kayes
Dans leurs discours les chefs de village et Messieurs les Maires ont affirmé
leur ferme engagement à soutenir et fortifier cette décision d’abandon de l’excision.
Comment gérer l’après abandon ?
Ensemble avec les communautés, il a été mis en place un
comité suivi et de surveillance dans chacun des 10 villages dont le rôle principal est de veiller à empêcher des cas isolés et à appliquer les sanctions prises par chaque village pour protéger
les enfants de l’excision.
3) Effets multiplicateurs
Ce présent projet a suscité un regain d’intérêt au près d’autres villages non
couverts par AMSOPT ; ainsi des villages voisins, et d’autres communes à savoir, celle de Ségala (couvrant 20 villages) et celle de Kouloun ont sollicité le projet pour intervenir au près de
leur communauté ; car selon eux, il s’agit d’un problème de santé et de développement (lettres de sollicitation dans l’annexe). Cet effet de « contagion » a une
signification capitale pour les perspectives dans les prochaines phases du projet ; car il permet de dégager les villages prochains qui peuvent
être les partenaires du projet.